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Le raku

L’historique

C’est dans le japon ancien du XVIieme siècle que le raku a pris ses sources, né de la rencontre entre un maître du thé et un potier.
Cette technique est à l’époque intimement liée à la philosophie zen.
En effet dans le japon du XVIieme siècle, CHOJIRO fils du potier coréen Ameya, fabrique des tuiles et des bols à riz dans la tradition de sa famille coréenne.
À la même époque, un maître de thé, le célèbre Sen-no Rikyu, affine le rituel de la cérémonie du thé. Il apprécie particulièrement la simplicité et le naturel des céramiques de Chojiro. Elles avaient la spontanéité et le charme de l’irrégularité, caractéristiques du « wabi », univers esthétique prisée dans la philosophie zen.
Ensemble, ils créèrent un type spécial de poterie pour le thé, le raku qui est l’alliance d’une rencontre zen : un artisan et un lettré, une poterie paysanne et un rituel raffiné.
Ils émaillaient et cuisaient le bol juste avant de l’utiliser pour boire le thé.

Un dictateur sensible à l’art du thé honora la mémoire de chojiro en accordant à son fils, un sceau d’or porteur de l’idéogramme raku signifiant « aisance » « bonheur » « plaisir de faire » « plaisir du loisir » « bonheur dans le hasard ».
Depuis, la dynastie chojiro-raku xivieme génération, forte de son titre, perpétue la tradition et travaille encore à kyoto.

La technique du raku

Pour comprendre le procédé du raku, il faut savoir que la plupart des autres types de poteries sont enfournés à froid et cuits à allure modérée jusqu’à une température finale. Ce genre de cuisson peut aller de 8 à 24 heures voire plus. Lorsque le four a atteint sa température, il est éteint et mis à refroidir jusqu'à permettre son déchargement à mains nues. Le cycle de refroidissement peut durer 12 à 24 heures.

En raku, les pièces peuvent être enfournées à froid mais le plus souvent le four est préchauffé et l’enfournement se fait à chaud. La cuisson est menée à un rythme rapide avec atteinte de la température finale dans un cycle cours de 15 à 20 minutes. La maturité de la glaçure est estimée à l’œil sans utilisation de cônes pyrométriques ou d’appareils de mesure.
Lorsque la cuisson est considérée comme terminée, les pièces sont immédiatement sorties du four à l’aide de pinces, mises, sans attendre leur refroidissement naturel, dans un récipient avec des matières combustibles, comme de la sciure, et laissées enfumer pendant un temps déterminé.

L’atmosphère carbonée réagit et modifie les glaçures et la pâte, produisant des effets de surfaces uniques sur les pièces.
Certaines réactions donnent aux surfaces émaillées des effets métalliques et aux pâtes des teintes noires. L’aspect craquelé des pièces est dû au choc thermique que provoque cette technique.
Après refroidissement, les pièces sont nettoyées avec un produit abrasif pour enlever tous les résidus de suie et de cendres.

Pièces RAKU

Les maîtres bouddhistes zen appréciaient ce type de poteries bien particulier du fait de leurs caractéristiques de sobriété et de l’élimination délibérée de luxe en rapport avec la philosophie zen.
Ce type de poterie était une nouvelle forme de beauté. La forme de ces bols était simple : émaillée et large au-dessus avec un pied extrêmement étroit et non émaillé.
Chaque pièce raku est réalisée entièrement à la main sans l’aide d’un tour de potier. Elle reflète clairement l’individualité de l’artiste qui la crée.

Aujourd’hui la technique du raku est utilisée en occident pour ses qualités esthétiques et ses effets de matière dans la réalisation de poteries allant du simple bol à la sculpture la plus complexe.

 

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